Jean-Michel Le Boulanger

Le jeudi 14 janvier, nous accueillerons Jean-Michel Le Boulanger, vice-président de la région Bretagne, sur le campus Mazier (université Rennes 2 de Saint-Brieuc) à 18h30. Nous échangerons autour de son essai Être Breton ?

© Jacques Vapillon

© Jacques Vapillon

Fondateur du département Métiers du Patrimoine de l’université Bretagne-Sud à Lorient, Jean-Michel Le Boulanger est docteur en géographie et maître de conférences en Patrimoine.
Président fondateur du Port-Musée de Douarnenez (1990-1994) et des Fêtes maritimes de Douarnenez de 2000 à 2010, il est élu vice-président de la région Bretagne, chargé de la culture et des pratiques culturelles, délégué à la communication et à la Marque Bretagne en mars 2010. Il a participé à de nombreuses publications, ouvrages collectifs, actes de colloques, articles de revue sur l’histoire et la géographie de la Bretagne ou sur les politiques culturelles. Son ouvrage être breton ?, essai sur les questions identitaires a reçu le Prix du Livre Produit en Bretagne 2014.

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Plus d’informations sur le site de l’université Rennes 2

Quelques citations :
On apprend, en 1913, que Bécassine s’appelle Annaïck Labornez et qu’elle est originaire du Finistère. On se moque alors dans la bourgeoisie parisienne, avec mépris parfois, de ces domestiques incultes qui ne connaissent pas les pratiques et les codes de la vie parisienne. Bécassine est tout à la fois « bécasse » et « bornée ». Elles sont si nombreuses alors les bonnes venues de Bretagne… Le succès populaire de Bécassine (née trois ans avant les Pieds nickelés), sera tel que son nom deviendra nom commun désignant une fille sotte et naïve… Ce succès participe à l’image de la Bretagne et des Bretons. Des « ploucs » travailleurs, un peu frustes, un peu bornés, sympathiques évidemment, mais si arriérés. Illustration par le dessin, et un personnage populaire, de propos écrits plusieurs décennies auparavant par ces voyageurs écrivains venus en Basse-Bretagne le temps d’un été. Être Breton ?, éditions Palantines, 2013

Nous entendons ce que disent certains qui nous méconnaissent tant et qui nous jugent cependant. La Bretagne, notre Bretagne, serait close sur elle-même, sur son passé, frileuse devant les avenirs, se rabougrissant sur son identité. Les Bretons seraient « communautaristes », nous dit-on encore quand nous réclamons des droits qui semblent évidence en Allemagne, en Grande-Bretagne, en péninsule ibérique… Pire, l’écho de la collaboration d’une poignée de militants bretons avec la barbarie recouvrirait d’un voile brun toute déclaration d’amour à ce petit pays du bout du monde. Ils font fausse route. Notre porte est ouverte, et nous les invitons sur les chemins de nos bohêmes. Extrait du discours tenu lors des “Rencontres interrégionales des langues et des cultures régionales”, au Conseil régional de Bretagne, en novembre 2014

Qu’est-ce qu’être breton au XIXe, au XX et au XXIème siècle ? Parce que le monde bouge et que cette affirmation “être breton” se pose de manière différente au fil du temps qui passe. Et puis, c’est aussi une déclaration d’amour, enflammée, à ce pays qui est le mien. Mais qui n’est pas exclusif d’autres appartenances. Je suis de quelque part, de Guingamp, de Douarnenez ou d’ailleurs. Je suis breton – à 100% – mais je suis aussi français – à 100% aussi. Parce que c’est l’histoire de ma famille. C’est mon histoire. Je me sens aussi très européen et je me sens en humanité. (…) Les identités sont aujourd’hui composites. Extrait de l’interview de Jean-Michel Le Boulanger dans le cadre des conférences hebdomadaires de l’Université du Temps Libre (UTL) du Pays Bigouden